Où plutôt devrait-on appeler l’article de Kangaroo Island à Kangaroo Island… et encore Kangaroo Island
Vous vous demandez certainement pourquoi nous n’avons rien publié depuis 2 semaines … La réponse dans quelques lignes…
L’automne nous rattrapant à grand pas (les températures étant dramatiquement tombées à 20°C…) nous avons donc quitté l’Etat du Victoria pour celui du South Australia plus au nord ouest. Mais avant d’aller à Adélaïde, nous avons décidé de faire un crochet par l’île de Kangaroo Island. 600 kilomètres, une après midi d’attente et une heure de ferry plus tard nous voici donc à destination.
Commençons par une petite parenthèse culturelle et historique. Kangaroo Island (KI pour les locaux) est une île au sud de l’Etat du South Australia de la taille de notre Corse. Etant détachée du continent depuis la fin de la dernière glaciation (il y a 10 000 ans), la faune et la flore se sont développées différemment de celle de l’Australie et ont été particulièrement bien préservées. L’île compte à peine plus de 4000 habitants (pour plus de 70 000 kangourous gris…) et beaucoup d’espèces y sont facilement observable (koalas, ornithorynques, otaries, manchots…). L’île à tout d’abord été découverte par une flotte française dirigée par Nicolas Baudin (ce qui explique que nombre des noms attribuées aux baies, rivières, caps et ilots soient en français) avant d’être cédée aux anglais (comme la majorité des terres que nous avons découvertes !!).
Une fois débarqué à Penneshaw, centre économique de l’Est de KI (2 rues, 400 habitants, 10 mouettes/m²), nous sommes partis dans l’espoir de voir le retour des manchots dans leurs terriers à la tombée de la nuit. Déception, leur parade ne commence qu’après 22h, et nous ne verrons d’eux que leurs terriers où les attendent leurs poussins (invisibles eux aussi !). « Lot de consolation » notre premier serpent australien.
Lendemain, passage par Kingscote,
la « Capitale » de l’île pour un ravitaillement complet (le reste de l’île étant quasiment dépourvu de magasin), puis petit arrêt à Emu Bay avant d’aller se tremper les pieds à Stockes Bay dans une piscine naturelle creusée dans les rochers. De retour au van, surprise, un petit wallaby nous attendait patiemment pour une séance photo.
Troisième jour, longue marche sur les falaises de River Cove après une heure de route de montagne. Il faut peut être préciser une chose sur Kangaroo Island : ses routes (Attention, ceci est important pour la suite des évènements). Elles sont le reflet de ce qu’était les routes de l’outback australien il y a une trentaine d’années. Pas d’accotement sur les routes, et encore moins de bitume.
Elles sont minées de nid de poules, voir d’autruches parfois, le tout recouvert par une couche de poussière rouge ocre qui à la fâcheuse tendance à s’infiltrer partout. À cela il faut rajouter les animaux qui ne regardent pas avant de traverser à en croire le nombre incroyable de cadavres et d’ossements le long des routes (kangourous, wallabies, possums, oiseaux, varans, serpents...).
Autre fait très important pour la suite de l’histoire, nous avons fait une « pause lessive » dans la petite ville de Parndana (400 habitants perdus au milieu de l’île), au lavomatic situé juste à côté du visitor center. Manquant de monnaie, nous sommes allés changer quelques billets auprès de l’employée du visitor center.
Bien sur on ne pouvait pas aller sur KI sans passer par le parc national de Flinders Chase qui couvre tout l’Ouest de l’île. Au programme, visite de Admiral Arch et de sa colonie d’otarie à fourrure, escalade des rochers de Remarkable Rocks et tentative (infructueuse) d’apercevoir des ornithorynques dans la Rocky River (quasiment à sec). Le mieux pour vous donner une idée est peut être d’aller voir nos photos.
Mais KI est aussi con
nue pour ses koalas : direction donc pour Hanson Bay Sanctuary… Il s’agit en fait de deux rangées d’eucalyptus avec une boule de poil à 20 mètres de hauteur tous les deux arbres… pas idéal pour les voire et les photographiés… Un peu déçu nous sommes donc partis pour Vivonne Bay (qui se veut être une des plus belles plages du monde). Une fois installé dans le camping, nous avons reçu la visite d’un koala (particulièrement bruyant la nuit) et d’un varan qui se sont tous deux prêtés à la dorénavant traditionnelle séance photo.
L’eau de la baie étant un peu fraîche (c’est l’antarctique en face !!) nous avons donc préféré faire quelques pas le long de la plage et des rochers avant de … retenter notre chance à la pêche. Gagné ! Nous avons retrouvé notre Eden. Maquereaux, dorades, saumons australiens, mulets et calmar ont mordu à l’hameçon. Et même après en avoir donné à plusieurs personnes, il nous reste encore de quoi manger pour les deux prochains jours. Autre surprise vers 22h (oui on pêche tard), la venue d’une troupe de petits manchots revenus au nid pour nourrir leurs
poussins aussi affamés que bruyants. La partie de pêche s’est ainsi continué jusqu’à 1h du matin (oui on pêche TRÈS tard !) en compagnie de Patricia une expatriée italienne qui tentait (avec moins de succès que nous) d’attraper des poissons. Après quelques heures passé ensemble à pêcher et à discuter, elle nous a même invités à venir chez elle sur Adélaïde lorsque l’on y passera.
Jour suivant, après la dégustation de nos kilos de nos poissons, nous sommes partis pour une virée dans le désert de Litlle Sahara… en sandboard, une sorte de planche similaire au snowboard mais pour glisser sur les dunes de sable (sans remontée mécanique bien sur !!). Résultats, quelques gamelles, de bonnes courbatures le lendemain, mais beaucoup de fun. À faire si vous passez dans le coin ;-)
Et pour finir notre séjour sur l’île nous avons décidé d’allé voir les lions de mer à Seal Bay. Passage rapide pour prendre quelques photos à distance seulement car le tour sur la plage est payant (25$/pers.). Déçu de ne pas avoir pu approcher d’avantage les animaux de l’île nous décidons donc de partir les voir dans une « ferme ». Nourrissage de kangourou, câlin de koala, bagarre avec les émeus et baisers de serpents garantis. Là encore, le mieux est d’aller voir les photos en cliquant ici.
Contents d’avoir enfin pu les approcher, nous sommes fin prêts pour quitter l’île, continuer notre voyage, retrouver du réseau téléphonique… Derniers virages dans les routes poussiéreuses, derniers mètres avant la route goudronnée, ça y est, adieu la poussière qui s’infiltre dans le van, dans la vaisselle, dans les habits, dans la bouche, dans les yeux, dans…. Euhhhh pourquoi on ralentit là ??? C’est à ce délicieux moment que WQT, surement trop heureux de retrouver du bitume, décide de s’arrêter… Impossible de redémarrer… Nous sortons donc voir s’il y a des traces d’huile ou d’essence sur la route qui expliqueraient une fuite ou autre … mais non, rien. Sans réseau téléphonique, sur une petite route, nous aurions pu rester des heures à attendre. Mais au bout d’à peine cinq minutes, des australiens en 4x4 s’arrêtent à notre hauteur et viennent jeter un coup d’œil dans le moteur. Verdict d’après le vieux monsieur : c’est la « timing chain » … oui mais c’est quoi ça ? …. En français : la courroie de distribution…
En voyant nos têtes dépitées, il nous propose de nous treuiller jusqu’à Parndana, à une vingtaine de kilomètres de là (encore une preuve que les australiens sont particulièrement serviables). Bon c’est toujours mieux que rien. Une fois arrivés à Parndana, direction le visitor center (rappeler vous l’histoire du lavomatic) où l’employée, apparemment très peinée pour nous, nous apprend qu’il y a un garage automobile ici même à Parndana ! (Non, sérieusement ?!?) Et là … verdict, c’est bien la courroie de distribution … il faudra trois jours minimum pour avoir les pièces et encore plus pour la réparation, sans oublier la facture … 1000 dollars !!! Bien sur notre assurance ne prend pas en charge les pièces d’usures. Autre solution, atteindre Kingscote la « capitale » de l’île et ses mille habitants en espérant que le garage Toyota puisse faire les réparations en moins de temps et pour moins cher. Problème, nous sommes encore à plus de 40 kilomètres de Kingscote. Le mécanicien nous fait alors la sympathique proposition de faire venir une dépanneuse nous treuiller jusqu’à Kingscote, moyennant 250$ !! Non merci on va se débrouiller !!
Retour donc au visitor center où nous demandons si personnes dans la ville ne pourrait nous treuiller jusqu’à Kingscote. Réaction immédiate de l’employée « Oh, si vous voulez bien attendre 18h30, mon mari vient me chercher, peut être que l’on pourrait vous emmener jusqu’à Kingscote … ». Une heure et demie plus tard, nous voilà donc partis (sans regrets) de Parndana, pour retrouver un semblant de civilisation, et surtout attendre l’ouverture du garage le lendemain matin.
Au petit matin, c’est le garagiste en personne qui est venu frapper à notre porte pour nous demandez ce que nous faisions devant son établissement. (On vous attend !! La bonne blague !!) Après vérification de son agenda, une nouvelle claque pour nous : Pas de possibilité de réparer avant lundi… (Oui, oui, pour ceux qui ont réussi à suivre, nous sommes bien mercredi !!!). Bonne nouvelle tout de même, la facture ne devrait pas excéder les 700 dollars. Les autres garagistes de la ville nous annonçant des délais identiques, nous décidons donc finalement de « camper » devant le garage Toyota pendant les cinq jours qu’il nous reste à passer ici. Heureusement, nous avons toujours la positive attitude, nous prenons les choses du bon côté et profitons des jours sur Kingscote pour nettoyer WQT, faire nos lessives (oui encore !), nos courses, et bien sur … pêcher encore et toujours en profitant des derniers jours de beau temps du sud de l’Australie.
Suite au prochain épisode ...
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