mercredi 26 mai 2010

De Katherine à Darwin

Nous sommes surs que vous attendiez avec impatience la suite des aventures … et comme tout vient à point à qui sait attendre vous voilà récompensés après quelques temps sans nouvelles.

Nous repartons donc tous les quatre de Katherine en direction du parc national du Nikmiluk à une quarantaine de kilomètre pour plonger dans nos premières « piscines naturelles ». Après une heure et demie de marche au fond d’une gorge nous débouchons sur une oasis dans un petit recoin du canyon, dans un décor digne de Jurassic Park. Imaginez deux cascades jaillissant de nulle part et plongeant directement dans un petit lac creusé par des siècles d’érosions qui lui-même est la source d’une nouvelle cascade, au milieu des palmiers et des eucalyptus couverts de minuscules perroquets. Après la marche sous le soleil écrasant du nord de l’Australie, vous pouvez imaginez le bonheur de plongez sous l’eau à 25°C de cette oasis ! Après deux heures de baignades, il est temps de rentrer aux voitures pour manger un bout (il est 13h passé, il fait faim !). Mais avant, pourquoi ne pas descendre encore plus bas le long du canyon pour tenter d’apercevoir les crocodiles (qui ne peuvent remonter jusqu’à l’oasis) ? Et pourquoi ne pas tenter de couper à travers l’autre canyon pour gagner du temps pour rentrer aux voitures ? Et pourquoi s’entêter à marcher dans une végétation dense au milieu de nulle part sans s’avouer que nous nous sommes perdus ? Et pourquoi n’avons-nous pas emmené à manger ? Et pourquoi le soleil se couche-t-il dans 3 heures ? Bref autant de questions auxquelles nous avons largement eu le temps de répondre 6h30 plus tard quand totalement épuisé et en maudissant les rangers sur 20 générations de ne pas avoir pensé à faire plus de piste balisées dans le bush nous arrivons finalement au van !

C’est donc en se promettant de ne pas s’écarter des sentiers prévus à cet effet que nous repartons le lendemain (avec un demi kilo de nourriture chacun !!) pour une (petite) marche jusqu’à Edith Falls, d’autres cascades formant des piscines naturelles, à une cinquantaine de kilomètre au nord de Katherine. Endroit superbe si l’on occulte les panneaux avertissant de la « possible présence » de crocodile dans les eaux du lac le plus en aval.

Programme du jour suivant (pour ne pas trop varier le menu) : baignade dans le parc national du Litchfield. Journée que Sylvain et Anne Charlotte auraient certainement d’avantage appréciée si Charlotte ne s’était pas abimé le pied et si Sylvain n’avait pas plongé avec leur appareil photo numérique dans la poche de son short de bain. Encore plein d’oasis magnifiques (avec une eau constante à 28°C due aux températures qui ne descendent jamais en dessous de 25°C (la nuit !) de toute l’année), des cascades immenses, des termitières géantes … trop de chose à expliquer alors allez donc voir les photos en cliquant ici ;-).

Lendemain encore, Berry Springs, baignade dans des sources chaudes au milieu des yuccas géants, dans une eau totalement transparente pleine de poissons de toute les sortes (on en a profité pour ressortir le masque et le tuba). Quand on dit sources chaudes, comprenez eau de source à plus de 34°C bien sur. Petit barbecue sympathique histoire de grignoter un bout au bord de l’eau, puis encore et toujours baignade (d’autant plus agréable que la température extérieure est de 38°C et le taux d’humidité avoisine les 95%). Pour ce qui est des crocodiles, soyons tranquille puisqu’un panneau nous informe qu’ils sont capturés et emmenés dans une ferme d’élevage lorsqu’ils sont trouvés par ici … rassurant hein ?! Pas de panique, il ne s’agit que de crocodile d’eau douce qui (si on ne vient pas jouer à saute mouton sur leur dos) sont inoffensifs.

Petite parenthèse pour signaler que les mouches ont quasiment disparu et ont généreusement donné le relais aux moustiques qui grouillent littéralement près des points d’eau et qui contrairement aux gentils suceurs de sang français n’attendent pas la nuit pour attaquer !

Il est temps à présent de partir pour Darwin où nous attend notre avion pour l’Indonésie, mais auparavant, petite soirée casino avec Sylvain et Anne Charlotte histoire de se dire au revoir et histoire de se faire un peu d’argent de poche pour nos vacances à Bali. Une dernière noix de coco ramassée dans la rue à partager tous les quatre et il est temps de se quitter après un mois à voyager ensemble. A bientôt les poulitous, on se voit dans le Queensland ;-).

Trois, deux, un, décollage : et c’est parti pour 10 jours en Indonésie. Bali, nous voici !

(PS : nous avions oublié les photos des dauphins de Shark Bay et d'un émeu qui est venu visiter notre van sur un parking d'Exmouth. Vous pouvez aller dans l'album Western Australia, elles y sont à présent ;-) )

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dimanche 23 mai 2010

De Exmouth à Katherine

Nous avons donc quitté Exmouth le 7 mai dernier après une partie de pêche mémorable avec nos deux amis suédois Mattias et Wendy [plus de 2 kilos de poissons en 3 h ;-)]. Pour ce qui est du programme des réjouissances qui nous attendent, il est simple : 3153 km de routes jusqu’à Darwin … Effectivement dit comme cela, la distance à de quoi arrêter même les plus courageux routiers français (imaginez vous faire Lisbonne-Moscou) Mais ici le rapport aux kilomètres est totalement différent et nous avons pris le pas. Nous parcourons à présent plus de 500 kilomètres par jour et cela parait tout à fait normal. Après 400 kilomètres nous arrivons dans les villes minières de Karratha et Port Hetland. Bourgades de 5000 âmes perdues le long de la côte nord de l’Australie, avec le charme de la zone industrielle de Dunkerque et brulées par un soleil de 38°C à l’ombre. Les gens s’y trainent plus qu’ils ne marchent et les maisons en tôle donnent vraiment l’impression d’avoir fait une halte dans un bidonville de Calcutta. Vous comprendrez donc que nous ne nous arrêtons uniquement pour faire quelques courses et le plein du van.

Etape suivante : Broome, ancienne ville perlière posée au bord de l’Océan Indien au premier tiers du chemin nous séparant de Darwin. Aussitôt arrivés nous retrouvons Sylvain et Anne Charlotte qui nous y attendaient depuis deux jours. Cette fois c’est décidé, nous ferons le voyage jusqu’à Darwin tous les 4 (c’est quand même plus drôle de voyager en convoi). Après un arrêt à Cable Beach (impossible de s’y baigner pour cause de méduse mortelle) et à Cap Gantheaume pour y voir des traces de dinosaures dans les rochers bordant la mer, nous décidons d’aller faire une petite partie de pêche tous les 4 (bien que cette fois nous revenions sans un seul poisson digne de ce nom). Après s'être fait réveiller à 2h30 du matin par un policier nous demandant gentiment de quitter le parking de la bibliothèque sur lequel nous dormions (cf article précédent), nous décidons qu'il est temps de partir de Broome pour les 1900 kilomètres qui nous séparent encore de Darwin… Mais nous ne partons pas sans emporter des noix de coco fraichement tombées des cocotiers plantés un peu partout dans les rues de la ville ;-).

500 kilomètres plus tard, petite balade dans les Geikie Gorges au creux desquelles coule une rivière abritant des crocodiles d'eau douce que nous avons aperçus de loin seulement. Comme nous sommes à la saison sèche, le niveau de l'eau est très bas et laisse apparaitre une strate blanche sur les falaises.

Arrêt suivant : Kununurra pour aller faire un peu de marche dans le Mirima Nationnal Park au milieu des impressionnantes gorges noires et orange. Mais les températures dépassant à présent les 40°C pour un taux d’humidité avoisinant les 95%, nous nous enfuyons tous ensemble vers les sources chaudes de la ville de Katherine à 400 kilomètres au sud de Darwin [après avoir booké nos billets d’avion pour Denpasar sur l’île de Bali ;-)] Quel bonheur de plonger dans une eau à 32°C (sans crocodiles, ce qui est devenu rare ici au nord) quand la températures à l’ombre dépasse les 40… aussitôt sortis, aussitôt sec … mais aussitôt transpirant … donc aussitôt retourné dans l’eau … mais les photos vous l’expliquerons mieux qu’un long discours …

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samedi 15 mai 2010

Nous avons testé pour vous… jouer à cache cache avec les Rangers

L’idée de l’article est venue après qu’un Rangers (un peu trop zélé) ne vienne nous harceler peu avant notre départ d’Exmouth. A Exmouth (comme partout en Australie en fait) il est interdit de camper en dehors « des zones prévues à cet effet » comme ils aiment le dire. Alors qu’on s’apprêtait à partir pour Broome, nous nous sommes arrêter avec Wendy et Mattias nos amis suédois au Centre des Visiteurs afin de faire un peu de vaisselle et de faire le plein d’eau potable. C’est le moment qu’à choisi ce #$*%# ! de rangers pour venir essayer de nous faire dire que nous avions dormis dans un endroit non autorisé (ce qui était vrai).

Alors première chose, il ne faut pas confondre « Rangers » avec Walker Texas Ranger. Leur boulot ici est juste d’em****er les backpackers comme nous afin de nous forcer à aller dans les campings hors de prix et les caravane-parcs bondés.
Deuxième chose, il y a plusieurs types de Rangers. La majorité (heureusement) se contente de toquer à votre porte en vous disant qu’il ne faut pas dormir là, ou vous laisse un simple mot sur le pare-brise. La minorité (comme celui-ci) font de cette activité un job à temps plein, et pire : y prennent du plaisir (Raaah les pervers !!!).
Mais revenons à nos moutons. Après lui avoir bien évidemment dit que nous venions juste d’arriver de Coral Bay (afin de ne pas être questionné sur le lieu d’où nous avions passé nos nuits précédentes), il rebondit immédiatement sur notre réponse en nous demandant des preuves comme quoi nous y avions dormis dans un camping (ce qui bien sur n’était pas le cas). Mais n’étant pas policier (d’ailleurs il doit certainement être Rangers car il n’était pas capable de réussir le concours de la police…) il ne peut nous obliger à lui fournir nos tickets de camping. Devenant de plus en plus rouge devant notre histoire qui tenait totalement la route bien qu’elle est été inventée en 2 minutes, il finit par griffonner nos plaques d’immatriculations sur son cahier en nous assurant que s’il arrivait à nous prendre en flagrant délit de « camping sur une zone non prévue à cet effet » l’amende tomberait aussitôt. Pas de chance pour lui, nous quittons la ville dans quelques minutes. Mais il aurait dut savoir qu’au jeu du cache-cache-Rangers les backpackers sont souvent les grands gagnant.

Les règles du jeu sont pourtant simples et sont comprises par les nouveaux arrivants en Australie au bout de quelques jours seulement. Dans ce jeu qui dure depuis des années, tous les coups sont permis entre backpackers et rangers, et les gagnants sont souvent ceux qui ont le plus d’imagination. Les méthodes pour dormir sans se faire attraper sont toutes différentes, mais le but reste toujours le même : ne payer ni camping hors de prix, ni amende (qui peuvent monter jusqu’à 1000 dollars quand même !)
Une fois la tombée de la nuit, les backpackers (facilement reconnaissables à leurs campervans) qui stationnent généralement tous à la même place (près des visitors center, des centres commerciaux etc…) se dispersent en quelques minutes afin de trouver les meilleurs emplacements. Les premiers arrivés seront les premiers servis. Plusieurs techniques existent :

La technique du « bush-road » : Foncé en direction de la sortie d’une ville et trouver un chemin poussiéreux et s’y enfoncer jusqu’à ne plus être en vue de la route principale. L’avantage est qu’il n’y a généralement pas à chercher longtemps un coin pour dormir, mais l’inconvénient est qu’ils sont généralement bien connus des Rangers qui officient parfois depuis plusieurs dizaines d’années dans la même ville.

La technique du « camouflage » : C’est la technique utilisé par les backpackers se déplaçant en break ou en 4*4 comme Anne Charlotte et Sylvain. Vu que c’est un véhicule qui n’attire pas forcément l’attention, il est assez facile de se garer sur un parking ou dans une rue et d’y passer la nuit sans se faire remarquer (d’autant plus si les vitres sont teintées). L’inconvénient est qu’il faut se levé assez tôt pour ne pas attirer l’attention des Rangers lors de leurs tournées du matin.

La technique du « déguisement » : Bon nombre de backpackers ont des vans de type ford escort ou utilitaire totalement blanc juste avec une vitre à l’arrière. Ils collent donc des stickers avec marqués électricien ou plombier pour faire penser à un véhicule d’entreprise et ne pas être repérer dans les zones industrielles ou les banlieues pavillonnaires. L’inconvénient des banlieues est que les Australiens sont parfois assez malveillant envers les backpackers et n’hésite pas à balancer par téléphone un véhicule qu’il ne connaisse et qui se serait garé près de chez eux. Un variante du déguisement est d’avoir son véhicule totalement recouvert par des dessins de végétation sèche (ce qui ici est la majorité des plantes) et de se garer au milieu du bush au bord d’un petit chemin.

La technique du « plus c’est gros plus ca marche » : Comme son nom l’indique il suffit de se garer dans un endroit où personne n’aurait l’idée de venir chercher (exemple : parking de mc donald’s, devant un bâtiment de la police etc …) Bien sur il ne faut pas avoir un camping car pour faire ca, mais nous l’avons déjà testé avec succès.

La technique de « l’abandon du véhicule » : Elle consiste à laisser son véhicule et prendre une tente pour s’enfoncer dans la nature en bordure des villes afin d’être hors de portée des véhicules des rangers. Une variante de cette technique (on a rencontré des personnes le faisant) est de s’enfermer dans les toilettes publiques pour handicapés (particulièrement luxueuses et immenses ici) et d’y installer un matelas pneumatiques et son sac de couchage.

La technique de « la zone industrielle » : Difficilement réalisable dans des petites villes, elle à l’avantage d’avoir plein de place à offrir. Mais attention à ne pas se garer trop près d’une entreprise dont les engins travaillent 24h/24h…

La technique du « restons groupés » : Peu importe l’endroit, le but étant de ne pas être le dernier à démarrer son moteur lorsque le Rangers arrive. Pas de chance pour celui dont le moteur à du mal à démarrer à froid par contre. Avec ses 5 minutes de préchauffage d’huile du moteur, vous comprendrez que WQT ne peut pas aller sur cette case du jeu.

La technique que nous utilisons est dîtes « de l’attente du mécanicien » : Ayant un campervan de près de 5 mètres pour une tonne sept, il nous est difficile d’utilisé certaines des techniques citées précédemment. Mais nous avons l’avantage d’avoir deux réseaux électriques à l’intérieur du van. L’un alimentant le moteur comme tous les véhicules, et le second alimentant les lumières intérieures, les prises intérieures et le frigo (qui ne fonctionne pas quand il est branché sur la batterie … détail important maintenant que les températures dépassent les 40°C). Nous disposons donc d’un interrupteur situé sous le tableau de bord (et dieu sait si il est dur à voir, même pour nous) afin de switcher entre les deux batteries lorsque nous n’utilisons pas le moteur. Mais si l’interrupteur n’est pas remis sur la bonne position, il est impossible de démarrer le moteur … Nous nous servons donc de cette excuse au cas où un Rangers viendrait : «Nous avons appelé l’assurance, un mécanicien vient ici demain, essayez vous-même de démarrer … » Pour l’instant cette technique s’avère efficace donc nous la gardons.

Il est bien sur possible de combiner deux techniques, et afin d’être sur de ne pas être déranger avant le réveille, nous nous servons de Jacqueline notre GPS afin de trouver des petits chemins tranquille. Le plus difficile reste les grandes métropoles où les zones boisées restent rares et sont généralement déjà prise. Mais l’Australie étant un pays 20 fois plus grands que la France avec trois fois moins d’habitants la plupart des endroits où nous nous arrêtons sont totalement sauvages et loin de toute trace de civilisation, donc pas de souçis ;-).
Backpackers : 1 - Rangers : 0
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vendredi 7 mai 2010

De Exmouth à ... Exmouth : Rencontre avec les requins baleines


Enfin nous y voilà ! Il est temps de partir nager avec un des plus grands animaux du monde : Le requin baleine. [C’est l’heure de la petite parenthèse biologique que tout le monde attend avec impatience j’en suis sur ;-)] Contrairement à ce que sa taille pourrait laisser penser (18 mètres pour le plus grand spécimen jamais découvert) il ne s’agit pas d’une baleine mais bien d’un requin. Il ne respire donc pas à la surface et n’allaite pas ses petits (même s’ils se développent à l’intérieur du ventre de la mère). Bien qu’il appartienne à la famille des requins, il ne se nourrit (comme les baleines … d’où son nom) que de minuscules poissons et de plancton et est donc totalement inoffensif. Il migre tous les ans depuis le nord est de l’Océan Indien jusqu’ici pour se nourrir lors de la reproduction du corail en avril et repart en juin. Mais à part ça on ne sait absolument rien du tout du reste de sa vie le reste de l’année (étonnant d’ailleurs qu’au vu de sa taille il arrive à passer inaperçu 9 mois de l’année sur 12 !) [Fin de cette « petite » parenthèse ;-)]

C’est donc sur le pied de guerre que nous attendons près du parc national de Cap Range à 8h, le zodiac qui nous emmène sur le Blue Marlin, le bateau qui nous déposera près de « la bête ». 8h45 près pour le combat, le bateau s’éloigne enfin en direction de la zone de bataille.

9h30, c’est l’heure de l’entrainement pour voir si tout le monde est au point avec les armes. Combinaison de plongée, palme, masque et tuba sont enfilés en quelques secondes et l’équipe du Blue Marlin nous lâche dans les eaux de l’Océan Indien pour un échauffement d’une heure. Ceux qui échouent à l’entrainement ne pourront pas affronter le requin (qui peut faire des pointes à plus de 25 km/h) dans des eaux dont la profondeur dépasse parfois les 40 mètres. Au programme de l’entrainement, course poursuite avec une énorme tortue, rencontre avec un requin bouledogue et (vaine) tentative d’apercevoir des raies manta. Deux recalés et une heure et quart plus tard nous partons cette fois sur le lieu de la rencontre. 10h45, briefing des équipes pour les méthodes d’approche de « la bête ». Trois mètres de distance de sécurité autour de la tête et du corps du requin et 4 mètres pour la queue histoire de ne pas se faire assommer en cas de tentative de fuite de la cible.

11h, l’avion qui nous suit envoi le premier message radio en hurlant : « Whale SHAAAAAAAAAAAAAAAAAAARK !!! ». L’avant du Blue Marlin se soulève sous l’effet du coup d’accélérateur. Le capitaine du bateau saute sur le pont en hurlant de se mettre en position à l’arrière du bateau. La première équipe se met en place sur la plateforme et plonge. C’est notre tour. Armes au poing nous nous approchons du rebord de la plateforme. Les vagues formées par le bateau sont assez impressionnantes… Mais pas autant que le capitaine lorsqu’il s’est mis à nous hurler : « GO ! GO ! GO ! GOOO ! » Pas le temps de réfléchir et notre équipe (8 personnes) saute à son tour alors que le bateau continue à avancer pour aller se mettre en position et récupérer les rescapés de la première équipe. Et c’est le corps submergé par une montée d’adrénaline que nous atterrissons les uns après les autres dans l’océan totalement troublé par les bulles crées par le bateau. A peine le temps d’apercevoir une nageoire que c’est au pas de course (ou plutôt à la brasse de course) que nous fonçons tous en suivant un des membres du Blue Marlin qui a prit de l’avance et semble parvenir à suivre le requin. Mais au bout de 5 minutes à nager à la vitesse d’une truite sous dopamine nous nous arrêtons au milieu de nulle part en faisant des signes pour que le bateau revienne tous nous rechercher. Déçus de ne pas l’avoir aperçu nous nous hissons sur la plateforme arrière. Mais pas le temps de souffler que l’avion vient d’en repérer un autre à quelques centaines de mètres de notre position.

Demi-tour à 180 degré du bateau qui commence à se cabrer sous l’effet de la vitesse. Et c’est une nouvelle fois que nous sautons dans l’eau sous les « GO ! GO ! GO ! GOOO ! » du capitaine. Mais cette fois, pas besoin de chercher longtemps « la bête », car une fois le nuage de bulle dissipé nous nous apercevons rapidement que le bateau vient de nous lâcher en plein sur la trajectoire du monstre… Et c’est un peu à la manière d’un lapin (ou d’un kangourou, ca marche aussi) immobilisé devant les phares d’une voiture, que nous esquivons au dernier moment l’énorme requin qui continue à avancer mine de rien, comme si il ne nous avait même pas remarqué. Nous nous mettons en position sur ses flancs pour pouvoir le suivre. Et c’est à ce moment que l’on comprend toute la logique du mot « requin baleine ». Profilé comme les requins que nous avons croisés les jours précédents, sa taille est par contre impressionnante. Celui-ci pourtant n’est pas immense car il ne fait qu’environ 7 mètres et 10 tonnes, mais c’est largement suffisant pour couper le souffle à toute l’équipe. Nous commençons donc à le suivre dans une promenade qui va durer plus d’une demi-heure. Ce n’est pas facile de trouver les adjectifs pour qualifier cette rencontre… juste que l’on se sent minuscule fasse à l’énormité de sa masse. Des poissons (beaucoup plus petits) restent juste sous son ventre et se laissent porter par le courant qu’il produit et se nourrissant de ses restes de repas. Sa bouche d’ailleurs est immense et l’on comprend facilement pourquoi il faut éviter de rester devant lui lors de ses repas, un humain pourrait loger facilement à l’intérieur. Il nage seulement à quelques centimètres sous la surface de l’eau et sa nageoire dorsale sort régulièrement de l’eau. Par deux fois c’est carrément tout l’avant de sa tête qui sort de l’océan afin de capturer la totalité d’un banc de minuscules poissons.

Au bout de plus de trente minutes de nage rapide, il finit par plonger dans le bleu nuit des profondeurs de l’océan. Et c’est à peine remontés sur le bateau que nous repartons aussitôt pour un troisième géant que l’avion à repéré près de là. Pas le temps de souffler qu’il faut déjà replonger, les plus fatigués de l’équipe ne repartirons pas, mais pas question pour nous de louper une seule rencontre! Comme le deuxième, ce troisième et dernier requin se laisse facilement approcher et tous les survivants des deux premières batailles se rejoignent pour faire un bout de chemin avec lui pendant un petit quart d’heure.

C’est donc des images inoubliables plein à la tête que nous remontons sur le bateau, direction un lagon protégé derrière le récif pour manger et se détendre sur le pont du bateau. Nous croisons des raies et des dauphins avant de s’arrêter dans les eaux chaudes et peu profonde du lagon. Un délicieux repas nous est servi par l’équipage [là on parle d’un vrai repas avec de la viande, des légumes et des fruits à volonté, pas des pâtes et des nouilles que nous mangeons midi et soir ;-)] Mais alors que nos estomacs étaient en train de nous insultés de ne pas sauter directement sur tant de nourriture fraîche, un des membres d’équipage se met à hurler : « TIGER SHAAAAAAAAAAAAAAAARK !!! » Et alors que tout le monde s’approche du bord pour voir le requin, deux membres de l’équipe et le capitaine sautent aussitôt dans l’eau pour le suivre. Silence total à bord du Blue Marlin … les requins tigres sont réputés pour se nourrir de tout ce qu’ils croisent, y compris des surfeurs et des plongeurs. Et bien que celui-ci soit un petit et ne fasse « que » 3,5 mètres, sa mâchoire reste bien assez grande pour saisir un plongeur et le couper net en deux. Le capitaine s’arrête et se retourne vers le bateau : « Qui veut venir voir ? » Aussitôt prit d’excitation, sans prendre le temps d’enfiler les combinaisons, nous sautons dans l’eau et fonçons vers le requin qui, vu du bateau, semblait VRAIMENT plus petit ! Celui là pour le coup a tout d’un requin sorti du film « les dents de la mer ». Très rapide, on arrive à voir ses dents briller dans sa mâchoire même à 4 mètres de distance. Mais en voyant arriver 8 nageurs vers lui, celui-ci à décréter qu’il ne resterait pas pour se faire observer et fonce à travers le lagon pour s’enfuir. C’est donc une rencontre rapide que nous aurons eu avec lui … pour cette fois. De retour sur le bateau, nous nous gavons (enfin !!) de tout ce qui nous attendais sur la table avant d’aller finir notre journée à bronzer sur le pont du Blue Marlin et à nager dans le lagon où les coraux sont aussi beaux et colorés qu’à Coral Bay.

Quelques heures plus tard nous voici de retour sur la terre ferme des souvenirs plein la tête, en se disant que finalement cette expérience valait largement les 360 dollars que nous avons payés. En tout cas nous vous recommandons chaudement de tenter cette rencontre si vous venez dans le coin car c’est vraiment à faire une fois dans sa vie et nous ne sommes pas près de l’oublier ;-)

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mercredi 5 mai 2010

De Shark Bay à Exmouth

Et nous revoici sur la route direction les coraux de la petite barrière de corail (beaucoup moins connue (et fréquentée) que sa grande sœur à l’Est de l’Australie). Petit stop à Carnavon, ville étape avant Coral Bay histoire de faire le plein de nourriture et d’essence avant que les prix n’atteignent des sommets plus au nord. Et c’est ainsi qu’en allant barbecuetter nous rencontrons Anne Charlotte et Sylvain, deux français faisant le même chemin que nous depuis Sydney. Après une soirée à rire et à discuter, on se donne finalement rendez vous le lendemain à Coral Bay après avoir parcouru les 200 derniers kilomètres sous une chaleur difficilement supportable (46°C dans le van d’après le thermomètre).

C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous plongeons tous les quatre au milieu des coraux et des poissons dans une eau transparente à 27°C (pas besoin de vous dire qu’il ne faut que quelques secondes pour s’immerger totalement). Vous raconter tout ce que nous avons vu sous la mer est difficile tellement les forêts de coraux semblent venir d’une autre planète avec leurs formes, leurs couleurs et leurs habitants. Des montagnes sous-marines, des forêts de tentacules en pierre, des grottes creusées par des générations de poissons aussi énormes et colorés les uns que les autres … bref un vrai coin de paradis pour peu qu’on nous apporte des cocktails frais sur nos chaises sur la plage (pour ce qui est de se sécher, la distance mer/serviette suffit amplement avec les 38°C à l’ombre qui règne sur le sable).

Tous les jours à 15H30, c’est le moment de nourrir les Snapper, ces sortes d’énormes poissons pouvant atteindre 40 kilos qui nagent juste au bord de la plage (et que nous avons pris la (mauvaise) habitude de nourrir dès notre baignade du matin). Et c’est dans ce cadre digne des plus belles cartes postales que nous rejoignent également Wendy et Mathias, deux suédois avec qui nous sympathisons rapidement. Les jours qui suivent ne sont que snorkeling dans les eaux chaudes de Coral Bay tous les six, promenades au coucher du soleil sur la plage et soirées interminables à discuter -- en anglais bien sur -- (et à jouer à cache cache avec les rangers du National Park, car il est interdit de dormir dans son véhicule ici…)

Au bout de trois jours nous décidons qu’il est temps de partir tous ensemble pour Exmouth plus au nord et ses récifs grouillants de vie. C’est donc quelques heures plus tard que nous atteignons les plages du parc national de Cap Range. Au programme, snorkeling, snorkeling et encore snorkeling, farniente sur la plage et soirées à jouer et à rire.

Le programme type d’une journée ? (approximatif bien sur car cela fait plus de 10 jours que nous avons décidé de ranger nos montres). Lever à 7h30, déjeuner tous ensemble et départ direction la plage de Turquoise Bay. Premier pas dans l’eau à 10h et début de ce qui est avec le temps devenu un jeu : Le premier à trouver un requin ou une tortue prévient les autres et on le (la) suit jusqu’à le perdre dans les courants (relativement rapide) de la baie. 13h déjeuner rapide à l’arrière des voitures, puis retour dans l’eau pour continuer à se laisser flotter entre les coraux et les poissons. (Petite précision concernant la rapidité avec laquelle nous mangeons le midi : ELLES ont fait leur grand retour : ces espèces de %*$ !# ! de mouches !) Lorsque le soleil commence à descendre en fin d’après midi, c’est qu’il est temps de rentrer au camping pour dîner et passer encore une soirée à rire.

Au bout de quelques jours de ce programme, nous décidons un après midi de créer notre propre île en séparant une partie de la plage du continent : C’est la naissance de « Ranger Free Island » (L’île sans rangers). Encore un grand moment de fun à gratter le sable comme des gamins pour finalement obtenir ceci (on s’occupe comme on peut) -->

Mais il est temps pour Anne Charlotte et Sylvain de partir pour le parc national de Karijini plus à l’Est. Mais ce n’est pas un au revoir définitif puisque nos plans de voyages on légèrement changés et que nous allons probablement partir tous ensemble pour l’Indonésie quelques temps une fois arrivé à Darwin ;-) .

Pour notre part, nous partons dans deux jours nager avec les requins baleines (cela fera d’ailleurs l’objet d’un article supplémentaire tellement c’était une expérience unique). Pour notre dernier jour dans le parc national, nous partons donc désormais à quatre pour la plage de Lakeside où nous nageons au milieu de poissons énormes, de requins, d’un immense banc de barracudas et de raie de plus d’un mètre cinquante de long, bref encore de superbes moments sous l’eau.

Et nous y voilà, il est temps à présent de se préparer pour aller nager avec les plus gros poissons du monde : les requins baleines. La suite au prochain épisode ;-) .

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